mercredi 25 janvier 2017

La déclaration universelle des droits de l’homme est un texte adopté en 1948 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle s’inspire de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et proclame les droits dont doivent bénéficier tous les êtres humains, quels que soient leurs pays, leur race, leur sexe, leur religion ou origine sociale. Actuellement, du fait de raisons historiques ou autres réalités, les différents pays, surtout ceux qui ont accédé plus récemment à l’indépendance se trouvent à des étapes différentes quant à l’application effective des droits de l’homme. Respecter les droits de l’homme : c’est promouvoir la vie, tel est le sujet qu’on va essayer de démontrer en se demandant pourquoi le respect des droits de l’homme constitue t’il le fondement de la promotion de la vie sociale, politique et économique d’une société ou d’un pays ? Sur ce point, nous allons parler spécialement de Madagascar en expliquant premièrement dans quelle situation se trouve Madagascar face au respect des droits de l’homme et deuxièmement les avantages que peuvent procurer l’observation des prescriptions des droits de l’homme dans une société ou un pays.

Rappelons que la déclaration universelle des droits de l’homme adoptée le 10 décembre 1948 par l’ONU, composé de trente articles, peut se résumer comme suit : les articles 1 et 2 visent des principes fondamentaux sur lesquels reposent tous les droits de l’homme ; les articles 3 à 21 concernent les droits civils et politiques ; les articles 22 à 27 concernent les droits économiques, sociaux et culturels et les trois derniers articles, 28 à 30, définissent le cadre de solidarité qui garantit la jouissance universelle des droits de l’homme sans exception. Tous les domaines de la vie quotidienne de la population sont alors touchés par cette déclaration. Dans plusieurs pays du monde, surtout dans les pays où règne encore le régime autoritaire et dictatorial, le respect des droits de l’homme reste encore des théories.

Pour le cas de Madagascar, dans la réalité, nombreux sont les obstacles qui limitent le respect des droits de l’homme. D’une part, l’analphabétisme et l’insuffisance des connaissances de la majorité de la population, surtout rurale, constitue un handicap pour le respect des droits de l’homme, vu que cette majorité n’est pas consciente de ses droits. Ainsi, par exemple, les politiciens peuvent user sans vergogne de la démagogie pour berner les électeurs pour se faire élire, et une fois au pouvoir, faire ce que bon leur semble comme dilapider les richesses nationales sans crainte de représailles de la part de leur administrés. Ces derniers ne sachant pas qu’ils ont le droit de savoir comment l’Etat est géré et que les dirigeants ont le devoir de leur rendre compte de la conduite des affaires nationales. Plus récemment, à Madagascar, la situation s’est empirée. A cause de la crise politique, qui opposait deux partis politiques, le droit des citoyens de choisir leur gouvernement a été effectivement restreint. En plus, les problèmes graves ci après, relatifs aux droits de l’homme, étaient signalés : assassinats illégaux ; conditions carcérales difficiles ayant entrainé des décès ; arrestation arbitraire, détention préventive trop longue, corruption de responsables; discrimination et violence sociétales contre les femmes ; traite de personnes sur des femmes et des jeunes filles, et travail des enfants, y compris le travail forcé.

Sin on se réfère seulement à l’article 19 de la déclaration des droits de l’homme qui dit : « liberté d’opinion et d’information » », Madagascar fait partie des pays qui ne respectent pas cet article. La Constitution et la loi prévoient la liberté d’expression et de la presse, mais des groupes gouvernementaux et non-gouvernementaux ont activement empêché toute critique politique avec des menaces et une violence contre les reporters, des patrons et des organes de presse. Des journalistes ont été envoyés en prison et les forces de l’ordre du gouvernement ont saccagé des résidences de certains rédacteurs ou patrons de presse. Selon le rapport annuel sur les droits de l’homme à Madagascar en 2010, le 7 février, Ando Ratovonirina, reporter pour la station privée Radio et télévision Analamanga, a été abattu par balle pendant la scène de violence en face du palais présidentiel. Deux groupes de presse privés ont été fermés pendant la crise politique. En janvier, trois stations radio ou télévision (station privée MBS, et les stations publiques RNM et TVM) ont été incendiées pendant les émeutes. Il y a eu 13 principaux journaux quotidiens privés et plusieurs autres publications privées nationales et locales qui ont paru moins fréquemment. Avant le mois de mars, Le Quotidien, appartenant à l’ancien président, a été le journal le plus influencé par l’Etat. Depuis le mois de mars, La Vérité et La Gazette ont été le plus étroitement alignés au gouvernement de fait. Les réseaux nationaux de télévison et de radio appartenaient au gouvernement. La station télévision et radio ayant appartenu à l’ancien Président, MBS, a eu l’autorisation d’émettre sur tout le territoire national, un droit refusé à toutes les autres stations privées, avant sa destruction par l’incendie vers la fin du mois de janvier. IL y a eu environ 256 autres stations radio et 39 autres stations télévision dans tout le pays, dont la couverture géographique était plus limitée. Tout cela nous montre bien que l’application effective des droits de l’homme demande encore beaucoup d’effort pour Madagascar.

D’autre part, l’article 10 de la déclaration universelle des droits de l’homme stipule bien « droit à un procès équitable ou à une audition », or à Madagascar, la corruption, notamment dans le domaine judicaire porte atteinte aux droits des démunis et à ceux qui ne sont pas en mesure de verser des pots de vin. En effet, dans les tribunaux, seuls ceux qui ont de l’argent gagnent et c’est valable aussi dans le domaine administratif. A part le domaine judicaire, la corruption touche aussi divers secteurs comme l’éducation, l’impôt, l’administration … En fait, dans tous les secteurs touchés par la corruption, le respect des droits de l’homme est totalement absent.

L’article 22 de la déclaration qui dit « droit à la sécurité sociale » est aussi ignoré à Madagascar. Actuellement, le peuple malgache vit totalement dans l’insécurité. Que ce soit en ville ou soit dans campagnes, l’insécurité règne et ce qui est inacceptable c’est que l’Etat ne fait pas beaucoup d’effort pour éliminer cette insécurité. Au contraire, les malfaiteurs qui ont de l’argent restent en liberté et continuent à terroriser la population.

En tout, dans un pays sous développé comme Madagascar, le respect des droits de l’homme demande encore beaucoup d’effort de la part de chaque citoyen et surtout de l’Etat. Mais quels ont les avantages que peuvent avoir une société ou un pays si le respect des droits de l’homme est bel et bien appliqué?

Dans tout autre domaine, le respect des droits de l’homme peut instaurer un climat de confiance, promoteur de paix et de développement. La déclaration, qui affirme le droit à la liberté et à l’égalité pour tous les hommes, a une portée universelle. Les peuples du monde entier s’y référent pour défendre et protéger leurs droits.

D’abord, par exemple, dans les élections, la non figuration des citoyens dans les listes électorales ou la non possession des cartes d’identité nationale peuvent entrainer la non participation de ces citoyens aux élections alors que c’est leurs droits. Par conséquent, dans cette situation les résultats proclamés sont contestés, ce qui est logique et cela peut apporter des troubles parce que les résultats ne sont pas crédibles et acceptés par tous. Or, l’Etat peut éviter ce genre de situation en vérifiant toutes les démarches nécessaires pour une élection et en faisant par exemple des sensibilisations auprès de la population pour l’obtention des cartes d’identité nationale. Des changements seront alors observés comme la confiance du peuple envers l’Etat, base de tout développement.

Ensuite, chaque individu, chaque enfant a le droit à une éducation complète pour s’épanouir dans sa personnalité, jouir de ses facultés physique et mentale et posséder les connaissances pour assimiler à un avenir meilleur et serein. Ainsi, il sera un acteur positif dans la société. Dans ce but, l’Etat a le devoir de mettre en main des infrastructures scolaires adéquates et suffisantes ainsi que de former des éducateurs compétents. Pour Madagascar, avec la population jeune, malgré une hausse notoire dans le taux de scolarisation, la qualité de l’enseignement et le suivi présente des lacunes. Dans les milieux ruraux, le taux d’abandon est encore élevé, la majorité arrête après le cycle primaire et beaucoup d’enfants travaillent précocement ce qui porte atteinte à leur droit de jouer et de se former. Par conséquent, s’efforcer de réunir les conditions nécessaires à une éducation complète pour tous les enfants peut assurer l’avenir de la société.

Chacun aussi a le droit à la santé c’est-à-dire avoir une alimentation complète et suffisante et en cas de maladies, avoir accès aux soins médicaux. C’est à cette condition que chacun pourra accomplir au mieux son travail et remplir tous ses devoirs envers soi-même et la société. A Madagascar, dans les hôpitaux publics même si le coût des traitements est relativement moindre, la pauvreté empêche beaucoup de gens d’y accéder. Par conséquent, la médecine traditionnelle tient encore beaucoup de place. Néanmoins, avec l’aide des partenaires efficaces comme l’OMS, un grand progrès est accompli dans les campagnes de vaccination, dans l’éducation à l’hygiène et aussi dans la lutte contre les MST. Pour promouvoir la santé, il faudra donc accentuer les campagnes de sensibilisation et continuer les efforts communs jumelés à l’extension en nombre des infrastructures sanitaires de base.

Chacun est libre d’avoir son opinion sur la conduite de l’Etat et libre d’adhérer à un parti de son choix selon ses convictions. Il est libre d’exprimer ses idées tant qu’il reste dans la légalité : c’est le fondement de la démocratie. Le problème dans le passé de Madagascar réside dans la gestion des médias publics ou privés. Les dirigeants en place ont tendance à accaparer les medias publics pour l’intérêt de son parti et les opposants sont privés d’antenne. Le choc est parfois excusable parce que laisser des opposants s’exprimer dans les medias c’est parfois s’exposer à des critiques virulentes qui peuvent être sans fondement en faisant fi du respect ou de la politesse. Il en est de même pour les medias privés. Chacun flatte à outrance le parti qui le finance et dénigre le parti opposé. Les tenants du pouvoir sont tentés de fermer les medias de l’opposition. Il faudrait donc préserver les libertés, recycler les journalistes au niveau de la déontologie de leur métier et dans ce cas un climat de confiance sera établi et le peuple n’a plus de doute et de crainte envers ses dirigeants, base même du développement.

Enfin, concernant la sécurité de la population, l’Etat doit faire des efforts pour maintenir la sécurité. L’insécurité ne mène qu’à la destruction alors que la sécurité permet à la population d’avoir une confiance dans tout ce qu’elle fait. L’adoption d’une politique de sécurité un plus rigoureuse par l’Etat donne au peuple la volonté de produire et de toujours chercher quelque chose de meilleur ce qui constitue un atout pour le développement de la société et même de l’Etat.

Pour conclure, on a vu tout au long du devoir que plusieurs facteurs empêchent le respect des droits de l’homme dans un pays sous développé comme Madagascar et cela se voit dans tous les domaines. Or le non respect des droits de l’homme ne permet pas l’avancement d’une société et prouve aussi l’absence de la démocratie et l’existence d’un régime dictatorial. Des efforts seront donc nécessaires, de la part de chaque individu et surtout de l’Etat, pour assurer la promotion de la vie de la population et instaurer un développement meilleur.

Essay 75, RZT, RFHT, RML

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