mercredi 25 janvier 2017

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Au cours de ces trente dernières années, l’objectif primaire de l’Education a viré de 360 degrés !

C’est l’héritage de Dolto (*) disent certains professionnels de l’enfance. C’est la crise générationnelle ou encore la crise politique d’après d’autres spécialistes!…

Dans la plupart des pays du monde, il y a à peine une trentaine d’années, c’était l’institution qui par le biais des enseignants et des parents, géraient l’éducation des enfants. Depuis, cette dernière est laissée au libre arbitre des parents. Rappelons-nous le temps où le Maître d’école distribuait autant les « Bons Points » que les coups de baguettes sur les doigts: c’était l’application de la « règle »!… L’instituteur, comme son nom l’indique, en bon représentant de l’institution avait pour fonction de compléter voire de superviser le rôle des parents. Et chaque punition infligée à l’enfant, indirectement était une leçon voire un rappel à l’ordre adressé à ses parents. Et c’est ainsi que l’enseignement véhiculait la discipline, la morale, le civisme, l’hygiène, le savoir vivre, etc.

En Europe, faisant suite à la vague libertaire des années 60-70, un slogan a fait fureur durant les années 80-90: « Soyez des parents Libres, faites moins d’enfants et rendez-les plus heureux ». Une théorie en phase avec la signature de la Convention internationale pour les Droits de l’enfant de novembre 1989. Grâce à de grands coups médiatiques, ces textes semblent avoir changé assez rapidement la place de l’enfant dans la société comme il y a eu un changement radical dans le cadre de l’enseignement. Les écoles et surtout les enseignants ont opté pour la transmission du savoir et se sont détachés de ce rôle dit de gendarme qu’ils ont longtemps joué. De même, beaucoup de parents semblent avoir choisi d’offrir plus de liberté à leurs enfants même si d’autres, suite à des circonstances de vie ont bon gré, mal gré, opté pour le «renoncement » et parfois jusqu’à la démission. Et dans ce cas, les enfants se sont retrouvés sans repère ni balise autant à l’école qu’à la maison. Ainsi, livrés à eux-mêmes, ils ont vite été confrontés aux mauvais côtés de la société de consommation.

A Madagascar, comme dans la plupart des pays, l’école en tant qu’institution a fini par tomber en disgrâce. Comme en Europe, dorénavant l’apprentissage des valeurs est en grande partie laissé sous la responsabilité des parents et dépend autant de leur disponibilité que de leur capacité à les transmettre; ce qui est aléatoire. Les conséquences sont diverses en fonction des milieux mais nous tenons particulièrement à nous pencher sur le cas de familles au sein desquelles, l’autorité et même l’autoritarisme reste d’actualité. En effet, l’importance de la « Tradition Orale » dans le pays a toujours donné une suprématie aux aînés et explique davantage l’autorité incontestable et incontestée qu’exercent ces parents sur leurs enfants. « Nous sommes tes parents et nous avons des droits et des devoirs sur toi comme nous pouvons décider de ce qui est bien pour toi ! » Tel est le type de remarque venant de ces parents. Mais jusqu’où va l’autorité parentale et comment en savoir les limites ?… Les exemples ne manquent pas et les explications multiples. Parmi les plus courants, citons le cas de parents qui choisissent le cloisonnement de leurs enfants par peur des influences extérieures. Des ados qui ne sortent que pour aller à l’école ou seulement quand ils sont accompagnés de l’un des parents et à la limite d’un aîné. Dans un tout autre domaine, Il y a le cas de parents qui par nécessité exploitent leurs descendants par l’intermédiaire du travail : « Pour nous, nos enfants sont notre seule richesse, leurs bras nous sont bien utiles pour le travail de la terre ! » dit un jour ce paysan. Et pire pour ces marmots des villes dont les parents utilisent la fragilité et l’innocence pour les soumettre à la mendicité. Dans ces deux cas, même si l’unicité et la solidarité familiale sont les principales motivations avancées par les parents, la réalité nous démontre que de telles relations malheureusement se basent plus sur la notion de devoir, d’obligation morale et même parfois s’accompagnent de menace.

De l’Autorité au Pouvoir !… Par volonté ou par manque d’information, venant de l’école ou des parents: le fait est là, dans les deux cas, il s’agit d’inculquer une manière de faire, une manière d’être à des enfants et le plus souvent sans tenir compte de leurs avis ni de leurs aspirations. Par contre, si l’objectif de l’institution visait à formater des futurs citoyens; pour les parents, le plus souvent, c’est plus pour prévenir que l’enfant ne se trompe de voie.

Dans l’enseignement, avant la reconnaissance du droit de l’enfant, l’imposition d’une culture ou d’une certaine connaissance était la règle dans la majorité des pays,. Cela se passait essentiellement durant les périodes d’instabilité politique ou lors de la colonisation. Et cette pratique qui fait penser à l’endoctrinement reste toujours valable dans des pays où règne encore la dictature où toute forme d’intégrisme. Quant à l’excès d’autorité de la part d’un parent, celui-ci s’explique d’abord par le manque de confiance de celui qui l’exerce mais peut aussi traduire une relation hyper protectionniste elle-même pouvant être liée à une notion de droit voire de propriété sur les enfants.

Mais si l’excès d’autorité est toujours préjudiciable pour l’enfant, sur son développement et sur ses propres choix de vie à moyen et à long terme, l’absence d’autorité notamment par démission parental l’est tout autant. Mais reconnaissons que le pire dans le métier de parent c’est qu’aucune école ni formation dans ce domaine n’a jamais existé ! Or les décisions à prendre vis-à-vis de nos enfants sont toujours importantes et souvent cruciales.

Par contre, s’il y avait un seul conseil à nous donner en tant que parents, c’est surtout de ne pas nous culpabiliser! Sachons qu’aucun parent n’est parfait, nous faisons tous des erreurs mais le plus important c’est que nous puissions à tout moment nous remettre en question !… Et c’est justement l’Amour qui va nous permettre cette remise en question !… Et la remise en question, en Amour: c’est essentielle !…

(*) Françoise DOLTO, Pédiatre et Psychanalyste Française (1908-1998), pionnière des Psy qui ont considérés l’enfant comme un être égal à l’adulte.

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Docteur Raharison

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