mercredi 25 janvier 2017

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Définition du mot foire :

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– Sens 1 : grand marché public qui a lieu à des dates fixes. Dans le cas de Fier MADA, cette manifestation a lieu chaque année, durant la première semaine du mois d’août.

-Sens 2 : Manifestation commerciale périodique.

-Sens 3 : Fête foraine [synonyme attraction]. Dans le cas de Fier MADA, les citadins sont attirés par les produits de la campagne.

-Sens 4 : étymologiquement, les créateurs de cet évènement, ont voulu communiquer la notion de fierté que devraient ressentir les agriculteurs de Madagascar.

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Concernant les termes de cette dénomination :

 

– ‘Internationale’ suppose que les exposants viennent de tous les pays. Or les exposants de cette foire sont tous de Madagascar et les produits sont malgaches. Pour pallier à ce manque et afin de mondialiser cette manifestation, proposons des stands à nos voisins limitrophes [réunionnais, comoriens, mauriciens, …]

– Économie rurale : activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l’échange et la consommation des biens et services en rapport avec le système agricole. Le terme Économie rurale sied bien à cette foire car il y a un échange et un marché entre les citadins et les paysans.

 

Objectifs :

 

– Promotion des produits ruraux, agriculture, élevage, pêche et apiculture.

– Faire connaitre aux visiteurs comment transformer les matières premières en produits finis [fruits en confiture, soja en fromage, viande en charcuterie, lait en yaourt et en fromage mais aussi l’artisanat qui provient de la transformation des résidus de récolte et peut être une seconde activité des paysans].

– Chaque année, un thème est choisi pour représenter la foire. Cette année, il porte sur « l’Equité : prix des produits ruraux et salaire de base conforme au coût de la vie ». Ceci suppose que les organisateurs, autant que nous, sommes conscients de l’insuffisance du prix de vente des produits par rapport au travail fourni, au prix de revient des intrants et des matériels agricoles.

 

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Comment se déroulent alors les entretiens entre exposants et visiteurs ?

 

Lorsque vous parcourez les différents stands, les exposants sont fiers de montrer aux visiteurs leur savoir faire. Pour illustrer notre propos, dans le cas des dernières expositions de Fier MADA, un technicien venant de la SAVA nous a montré les différents types de cacaoyers. Il nous a incité à planter les fèves venant des 3 hybrides de cette plante et de voir le résultat. C’est une manière d’aiguiser la curiosité et c’est grâce à ce genre d’exposant que naissent des vocations.

 

Enfin, Fier MADA est l’occasion pour les visiteurs et exposants de faire des échanges d’expériences, par exemple dans le cas de la fabrication du lombricompost.

 

Totalement d’actualité, le lombricompostage est un moyen efficace de faire un geste pour la planète. Grâce à un lombricomposteur [un composteur d’appartement avec des vers de terre], vous recyclez vos déchets organiques et réduisez vos ordures. Le compost fabriqué par les vers de terre ainsi que le jus de compost serviront d’engrais pour vos plantes. Il n’y a pas d’odeur et le lombricomposteur se prédispose aux citadins qui n’ont pas de jardin. Dans notre cas, le lombricompost en poudre fertilise notre cour et cette dernière est fleurie toute l’année.

 

A Ambohimanambola, on élève les vers de terre dans un bac en bois, tapissé de paille et sur lequel on déverse régulièrement les déchets ménagers végétaux, marc de café, filtre à thé et café, coquilles d’œufs broyés,… On garde l’humidité dans le noir pour maintenir en vie les vers de terre. Par contre, en Suisse, on utilise un bac en plastique avec des casiers opaques fermé par un couvercle et un joint de calfeutrage. On troue le plastique pour que les vers puissent passer d’un étage à l’autre. Enfin, il est important de compléter les apports azotés issus des déchets d’épluchures par un apport carboné [carton sans colle] afin d’avoir un fonctionnement optimal du lombricomposteur et un compost de qualité.

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En Conclusion :

 

Depuis la création de FIER Mada en 1999, les différents thèmes choisis par les organisateurs nous prouvent leur volonté à promouvoir l’agriculture en général et la vie des paysans en particulier. La réalité nous montre qu’on est loin du but. Pour nous, tant que la superficie à cultiver est petite et que la méthode utilisée est artisanale, le rendement restera dérisoire. Afin d’arriver aux objectifs fixés, il serait préférable de créer des coopératives de production pour pouvoir faire un remembrement (agrandissement) des parcelles. Un tel regroupement de la part des cultivateurs va sûrement motiver les partenaires financiers à les soutenir dans l’achat d’intrants et de machines agricoles. Cela va améliorer les récoltes, autant en quantité qu’en qualité. Au final, nos agriculteurs en seront les plus grands bénéficiaires.

Pour Madagascar, en terme de développement, avec ses 8 millions d’ha de terres cultivables (*), l’agriculture est incontournable. Vu l’enjeu économique tant local que mondial, et pour que la production soit optimale, il est peut-être temps que nos agriculteurs deviennent des professionnels. La promotion ainsi que la médiatisation des évènements comme FIER Mada vont valoriser puis encourager nos producteurs. Enfin, les citadins que nous sommes vont apprendre à respecter ce noble métier et sûrement que parmi nos jeunes, certains vont être tenter à embrasser cette profession combien utile et plein d’avenir.

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N’avez-vous pas appris de métier ? Allez donc bêcher la terre. Donnez vous de la peine, vous ne manquerez pas de travaux. Voulez vous vous livrer à la navigation ? Les mers vous sont ouvertes. Voulez vous trouver des occupations champêtres ? Les campagnes sont assez vastes.

[ Phocylide de Milet]

 

C’est la vie à la campagne à l’état pur. Ils se lèvent tôt parce qu’ils ont beaucoup de choses à faire et se couchent tôt parce qu’ils ont rien à quoi penser.

[Oscar Wild]

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Myriam SCHAFFNER

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