mercredi 25 janvier 2017

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Quand je serai grand, je serai médecin, enseignant, pilote, mannequin, footballeur professionnel,… Autant d’ambitions pour autant d’enfants, qu’ils soient des campagnes ou des villes. En ce troisième millénaire, combien d’entre eux vont encore arriver à exhausser ce rêve ? Avec l’âge, comment se rapprocher de la réalité ? Quels sont les parts de responsabilités des parents mais aussi de nos Dirigeants pour que nos jeunes n’aboutissent dans une complète désillusion ?…

 

Dans les zones rurales, franchir le seuil d’un établissement scolaire est considéré comme un véritable privilège réservé à très peu d’enfants. Et parmi ceux qui ont cette chance, surtout pour raisons économiques, un bon nombre est obligé de quitter très tôt les bancs de l’école, sachant à peine écrire leur nom. Pour les parents, il serait superflu que leurs enfants aillent plus loin dans les études, ils pensent que les travaux des champs n’exigent que de la force physique. Ils sont loin d’imaginer que les besoins alimentaires de notre pays nécessitent une extension des surfaces cultivées et que l’agriculture manuelle à l’angady est révolue. Un minimum d’étude mais surtout de formation adéquate est donc plus que nécessaire. Nos paysans ne sont pas non plus conscients que Madagascar, grâce à la superficie encore non exploitée mais exploitable qu’il possède pourrait devenir une grande puissance agricole. Faut-il attendre encore une fois les étrangers ou les multinationales pour les cultiver à notre place ? Soyons conscients du fait qu’eux-mêmes, dans leur pays commencent à abandonner l’Agriculture Intensive, source de pollution et de destruction du sol à moyen terme. Et la venue d’investisseurs agricoles serait encore et toujours une manière d’inciter les gens de nos campagnes à abandonner la terre et va les pousser encore plus à l’exode rurale : chômage, vagabondage, augmentation de la misère, agrandissement des bidons villes, dépendance sociale, délinquance, banditisme…

Ne faut-il donc pas dès le départ sensibiliser les enfants et les jeunes des campagnes pour qu’ils réapprennent à aimer la terre. Pourquoi ne pas leur donner la possibilité d’avoir une formation groupée, adaptée et sur le terrain puis faciliter l’investissement par la suite. Et surtout que l’agriculture qu’ils ont toujours pratiquée est, à quelques détails près, similaires à «l’Agriculture Biologique Adaptée » dont on vante actuellement les vertus. Nous savons tous que les besoins sont énormes aussi bien nationaux qu’internationaux !…

 

Quand à nous, jeunes des villes, nous avons probablement plus de chance d’aller à l’école et même de fréquenter l’enseignement secondaire. Mais combien parmi nous après le Bacc arrivent à effectuer des études supérieurs ? Et selon les filières, après les 3, 4, 5 ou 7 ans d’enseignement théorique et s’il n’y a pas grève, combien parviennent à trouver du travail ? Et la crise que nous vivons depuis plusieurs mois en plus du contexte mondial ne cessent de faire augmenter la concurrence dans le milieu du travail. Malheureusement, les diplômes n’ont plus de valeur et les entreprises ne recherchent plus que la qualification et les expériences. Et que nous reste-t-il à faire ? Ouvrir une petite gargote ou une épicerie, faire chauffeur de Bus, de Taxi ou encore jouer aux jeux de hasard en espérant qu’un beau jour la chance nous sourira.

 

On dit souvent que l’avenir d’un pays repose sur ses jeunes et la population de Madagascar est composée d’une très forte proportion d’enfants et de jeunes. Mais d’un côté, nos parents peuvent ils comprendre que les temps ont changé et qu’il ne faut plus qu’ils nous poussent à tous prix à faire les plus longues études pour juste avoir les meilleurs diplômes. D’un autre côté, la politique a une très grande responsabilité car l’enseignement et les formations devraient à maintes reprises être adaptés aux besoins du pays, de sa population et de sa jeunesse en particulier. Enfin, nous les premiers concernés, sommes-nous bien conscients de la réalité ? C’est vrai que n’importe quel enfant de n’importe quel milieu et de n’importe quel pays a un jour rêvé d’être le plus beau, le plus fort et le plus riche. Mais ne faut-il pas en grandissant et en fonction du contexte revenir sur terre et réfléchir à partir des faits pour mieux envisager les possibilités qui s’offrent à nous. Jeunes de ce pays, Il est temps que nous nous réveillons de nos rêves d’enfant. Il faut aussi que nos parents cessent de nous infantiliser et qu’enfin la politique nous aide réellement à prendre en main notre avenir et surtout qu’on ne continue pas à exploiter nos rêves jusque dans les urnes.

 

Hasina D & Psymada.

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