mercredi 25 janvier 2017

Depuis plusieurs siècles avant J.C, il suffisait d’avoir des tâches blanches persistantes qui s’écaillent et surtout qui s’étendent sur le corps pour être accusé de lépreux. Cette maladie, en raison du manque d’hygiène et la grande promiscuité dans les familles et les tribus, a décimé en quelques années tout un peuple, toute une cité voire toute un royaume. La peur de cette affection contagieuse qui finit par toucher les nerfs, qui rend insensible la peau ou tout un fragment de membre, et facilitant la mutilation, le handicap et la laideur ; a toujours expliqué l’exclusion voire la condamnation de ses victimes. Ainsi, les individus soupçonnés d’être atteint de Lèpre sont d’emblée accusés d’être « Impurs », repoussés à l’extérieur des villages, dans des lieux où paradoxalement, ils subissaient la maltraitance mais faisaient également l’objet de différentes incantations et même de prière. Des riches venaient même en pèlerinage aux abords des léproseries et y versaient quelques pièces dans l’espoir de sauver leur âme. Quant aux malades, après plusieurs mois, ceux qui n’en mouraient pas et surtout ceux dont l’état ne s’aggravait pas (probablement par ce qu’ils avaient été accusé à tort de lépreux); ceux là avaient droit à des séances de purification avant de réintégrer la communauté.
Les grandes invasions, les explorations, l’esclavage, les différents commerces entre les civilisations (épices, soie, minerais,…): toutes ces migrations de population ont favorisé la transmission de la lèpre de pays en pays et à travers les siècles. Au Moyen âge, l’Europe centrale comptait 20.000 léproseries. C’est depuis la découverte, en 1873 par le Médecin Norvégien G. A. Hansen, du bacille Mycobacterium Leprae que les recherches sur cette pathologie et son traitement ont bien évolué. Madagascar, avec l’Inde et le Brésil, fait toujours parti des trois pays où il y a le plus de cas de lèpre dans le monde. Mais ce nombre a diminué, moins de un cas sur 10.000 habitants (0,86 sur 10.000 habitants en 2006 et 0,82 sur 10.000 habitants en 2011) d’après le Ministère de la santé. Toujours est-il que le comble de la lèpre, autant que la tuberculose ou encore le Choléra, c’est qu’elle touche essentiellement les zones les plus reculées, les personnes les plus démunies qui de fait sont aussi les plus fragiles. Terminons par cette citation de Victor Hugo :
« La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain. »
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Dr Raharison

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