mardi 24 janvier 2017

Du temps de nos grands parents et arrières grands parents, presque tous les mariages duraient à vie. La phrase « pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort nous sépare » était réellement effective et se trouvait être la règle d’or du ménage. Avec l’évolution des mentalités et des législations sur la famille, on a commencé peu à peu à admettre l’idée du divorce. Celui-ci se présente tel le dernier remède aux problèmes insurmontables des couples et qui rendent impossible le maintien de la vie conjugale. Certains pays à l’instar de la France prévoient même ce que l’on appelle « divorce par consentement mutuel ». Ce système puise sa justification dans la reconnaissance et la mise en avant du principe de la liberté de choix de tout un chacun. Le mariage étant perçu comme un contrat entre un homme et une femme, la procédure pour se libérer de cet engagement a été simplifiée. Elle a été réduite à un simple accord de volonté entre les concernés.

A l’heure actuelle, on enregistre un taux de plus en plus élevé des demandes de divorce. Dans la plupart des cas, il s’agit des ménages qui ne peuvent survivre à ce que les spécialistes appellent « la crise des 7ans ». La durabilité des mariages se trouve ainsi mise en cause. Dans le système juridique malgache, le divorce est plus considéré comme étant la sanction des manquements aux divers devoirs conjugaux dont les devoirs de cohabitation, de fidélité, d’aide et d’assistance mutuelles entre époux. A la différence des Etats étrangers, les procédures à suivre pour le divorce sont chez nous, plus compliquées, longues et coûteuses. Elles peuvent durer des années et des années allant même jusqu’à une décennie des fois. Le pire c’est qu’il arrive que le juge, souverain dans sa décision, refuse d’accorder le divorce aux époux alors que chacun a déjà refait sa vie de son côté. Raisons pour lesquelles, les jeunes d’aujourd’hui se tournent vers le « Concubinage ». Ce phénomène qui ressemble plus à un mariage à l’essai est devenu très courant, permettant ainsi à chacun de se découvrir et de tester en quelque sorte leur compatibilité en tant que couple. En cas d’échec ou dans l’hypothèse où l’autre trouve quelqu’un de meilleur, leur route se sépare en tout honneur et sans trop de « chichis ». Aux yeux de tout le monde, ils apparaissent comme s’ils étaient véritablement mariés alors que cette union n’a aucune base légale. Cette situation en tant que concubins peut durer de nombreuses années et peut même ne jamais se terminer en mariage. Elle a pour principal avantage d’éviter des erreurs irrémédiables ou très difficilement réparables dans la vie.

D’un autre côté, il y a certaines personnes surtout les parents conservateurs trouvent le concubinage inacceptable. Il serait, en effet, mal vu par la société de constituer un foyer sans aucune formalité préalable : les fiançailles et le mariage civil entre autres. C’est comme si ils ont échoués quelque part dans l’éducation de leurs enfants. Effectivement, vu de cet angle, le concubinage traduit un certain manque de maturité et de peur d’engagement chez les jeunes mais par-dessus tout il conduit à une dénaturation du mariage qui est une véritable institution. En fait, le mariage confère plus de sécurité à la relation des époux vu les dispositions légales qui l’organisent. De plus, il assure la protection de la famille et la légitimité des enfants et faisant bénéficier à ces derniers les différentes prestations sociales : OSTIE, CNAPS,….

Notons aussi le côté vanité, snob voire « bling bling » de la cérémonie du mariage. Une occasion pour certaines familles de mettre en évidence leur richesse et même leur pouvoir !… Et le « m’as tu vu », peut même pousser les intéressés à aller bien au-delà de leurs possibilités. Le mariage, « moment unique » dans la vie d’un couple peut même parfois inciter des futurs époux à débuter leur union dans l’endettement. N’est ce pas un moyen qui d’emblée risque de compromettre la sérénité de ce lien sacré ? Citons également ceux qui se contentent de matérialiser leur union par le mariage civil, juste l’apposition de leur signature à la mairie. Le plus souvent, c’est l’intimité ou la simplicité qui constitue leur principale motivation. En somme, il s’agit d’officialiser une union et plutôt réserver toutes dépenses pour le nouveau foyer et tant d’autres objectifs plus pratiques ou encore plus bénéfiques à long terme,

Toutefois entendons nous bien, cela ne signifie pas « abas le concubinage » !… A part, bien évidemment, le concubinage avec un ou une compagne déjà marié et qui détermine tout simplement l’adultère, une pratique punie par la loi pénale. En somme, le concubinage est conçu sur le court terme et ne doit pas dériver en un mode de vie. Il devrait plutôt être une phase de préparation matérielle et psychologique aux multiples contraintes de la vie conjugale et favoriserait dans cette optique les mariages pérennes.

 

Hasina D.

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