mardi 24 janvier 2017

I – Introduction

Contexte : La mondialisation, ou ouverture des frontières, a favorisé l’absorption des petites entreprises par les grandes et, avec pour conséquence, l’internationalisation de la mécanisation agricole. La course vers la performance et la sélection du bétail se sont accentuées. Les normes ont évolué pour chaque espèce animalière, d’où l’importance de plus en plus accordée au pointage.

 

Définition du pointage : le pointage est un système d’évaluation de la valeur d’un animal.

Durant le pointage, on regarde la race, la génétique, l’état sanitaire, la morphologie avec les changements de forme de l’animal aux différents stades de sa croissance ainsi que la production: soit six paramètres.

 

Historique du pointage

L’histoire débute en 1870 par la création du premier concours général agricole. Ce dernier fût transformé en foire agricole en mars 1964.

En 1925, il emménage au parc des expositions de la porte de Versailles. Depuis sa création, le concours a su évoluer. Concours d’animaux uniquement à l’origine, aujourd’hui il accueille et met aussi en compétition les différents produits du terroir (céréales, fruits & légumes, vins & spiritueux, lait & dérivés, miel & dérivés, charcuterie,…).

 

II- Relation pointage et salon de l’ agriculture

Pour un agriculteur, gagner un prix avec une de ses bêtes est une véritable fierté. Et le plus convoité des concours est celui qui se déroule au salon international de l’agriculture de Paris.

Pour juger les bêtes, on fait appel à des spécialistes que l’on appelle pointeurs.

Leur mission : avoir l’œil pour apprécier les qualités de l’animal et désigner les meilleurs spécimens de chaque race. A l’issue de ce concours, le cheptel de ces éleveurs récompensés prend de la valeur. De nombreuses personnes voudront alors se procurer des descendants ou des collatéraux des bêtes ayant été primées. Par ailleurs, les honneurs de l’éleveur s’étendront à toute une région, voire une nation et l’animal pourra devenir l’emblème de cette dernière.

C’est le cas de Valentine, vache gasconne rustique, c’est-à-dire adaptée à tout milieu de vie et d’alimentation, notamment au climat difficile des Pyrénées, où se trouve la ferme de Mr Francis Estadieu, son propriétaire. Valentine était la mascotte du salon de l’agriculture 2012 et elle a valorisé le fourrage grossier des montagnes, mais aussi les rations riches qui font bénéficier du « Label Rouge » à la viande (meilleure qualité). Ces rations comprennent journalièrement, des aliments composés d’ ensilage de maïs pour l’ énergie ( tiges avec feuilles hachées et fermentées) et en plus, du tourteau de soja pour les protéines (résidus d’ extraction de l’ huile de soja ).

Le salon est aussi l’occasion de former la nouvelle génération de pointeurs. En effet, les lycées agricoles ont, parmi les matières enseignées, la zootechnie, pendant laquelle les lycéens sont formés au pointage. Une manière de mettre en concurrence les établissements agricoles et désigner les meilleurs lycées. Cette année, ce sont des étudiants bretons qui ont remporté la coupe que ce soit pour le pointage bovin ou ovin.

 

III- Principes du pointage

Par rapport à la morphologie, la table de pointage est le document de référence pour l’examen de l’animal au niveau :

– du squelette

– de la musculature

– de la mamelle

– de la laine chez les ovins voire les caprins

Dans le cas de l’élevage bovin, le pointage va permettre d’orienter la carrière des veaux soit pour le renouvellement du cheptel, soit pour la reproduction ou encore pour l’engraissement. Par ailleurs, on sélectionne les mères pour la production laitière et on choisit les taureaux reproducteurs. Au final, on a une amélioration des performances du troupeau.

Résumons, sous forme d’un tableau, les objectifs du pointage dans le cas des femelles de 4 espèces.

Le Pointage permet de contrôler

 

La Musculature

Les Capacités maternelles et prolifiques

La Longévité

La Conformité de la laine

Bovins

oui

oui

oui

Ovins (moutons)

oui

oui

oui

oui

Caprins( chèvres )

oui

oui

oui

Equins( chevaux)

oui

oui

oui

 

Le Pointage permet aussi de contrôler

 

La Quantité de lait

La Qualité du lait

TB TP

L’Aptitude au trait

Bovins

oui

oui oui

Ovins

oui

oui oui

Caprins

oui

oui oui

Equins

Oui (mâle)

 

TB : Taux butyreux ou taux de lipides qui fixe la quantité de matière grasse du fromage

TP : Taux protéique dont l’importance dans le lait favorise la coagulation et la solidification durant la fabrication du fromage.

Citons le cas de la chèvre française avec l’augmentation annuelle des taux butyreux et protéique dans le lait avec les années.

2 006

2 008

2 010

Taux protéique[g/l]

32.1

32.8

33.1

Taux butyreux [g/l]

37.1

38 1

38.5

Ainsi, quelle que soit l’espèce étudiée, les caractères techniques vont se transformer en critères économiques conditionnés par les qualités des animaux et de leurs productions. Notons enfin l’évolution de la production liée au pointage : actuellement, les brebis produisent jusque 3 à 4 kilos de laine par an et les béliers de 4 à 6 kilos ( la quantité de laine produite dépend donc aussi du sexe de l’animal).

 

IV- Conclusion

Ainsi, la course à la performance a favorisé l’intensification des exploitations et explique l’association de plus en plus fréquente de la culture et de l’élevage. On a donc une augmentation des surfaces exploitées et du nombre d’animaux élevés. C’est le cas des exploitations de type « polyculture élevage » observées dans la production laitière. De fait, l’augmentation du cheptel a poussé l’Union européenne à subventionner des Robots Trayeurs. Les vaches se présentent devant la machine et se laissent traire, le confort de celles ci est ainsi préservé.

Si grâce au pointage, les productions ne cessent d’augmenter, malheureusement les améliorations des conditions animales se font parfois au détriment de celles des humains. Citons l’exemple de la perte de milliers d’emploi à cause de la mécanisation de l’agriculture et de l’élevage. Il en résulte une désertification des campagnes, une augmentation du chômage, une perte de la dignité humaine,… L’existence du pointage incite également les éleveurs à apporter autant de changement en termes d’alimentation des bêtes. Si par exemple, chez les bovins, l’utilisation de l’ensilage de maïs semble donner des viandes de qualité ( voir plus haut), on remarque à la longue une augmentation des maladies cardiovasculaires chez les consommateurs à risques. Et pour garantir la santé des personnes, Il est conseillé aux éleveurs de diversifier les fourrages donnés aux bovins. Raison de plus pour les agriculteurs voulant produire mieux et à moindre coût de se regrouper en association et de travailler avec les semenciers producteurs de graines fourragères. En sachant que la réutilisation des germes issus de la précédente plantation entraîne à chaque fois une diminution de la qualité mais aussi du potentiel génétique des graines. A la fin, seul le renouvellement régulier du stock de semence constitue la garantie de fourrages appétant, ou délicieux à ruminer.

De manière complémentaire, il faut favoriser la relève en encourageant l’accès des jeunes à l’exploitation laitière. Il faudrait leur donner des subventions ou encore faciliter la reprise des fermes de leurs parents, si ces derniers en possèdent déjà une. Mais à ce moment là, ces nouveaux investisseurs vont devoir remettre leur ferme aux normes européennes, ce qui demande beaucoup d’argent et peut aussi déséquilibrer un bilan vu le contexte économique actuel.

Terminons par le cas de Madagascar, l’introduction du Pointage des Animaux serait un moyen indéniable pour revaloriser l’agriculture, un secteur qui occupe une grande majorité de la population. L’installation du pointage va stimuler les agriculteurs à augmenter et améliorer leurs productions, ce qui ne serait possible qu’avec l’ouverture aux nouvelles technologies. Cette course à la performance ne peut être que bénéfique. Pratiquement, on tendrait par exemple vers une évolution des races, et de la morphologie des vaches afin d’augmenter d’une part la production laitière et d’autre part sa transformation en poudre ainsi que la production de viande. Si jusqu’à ce jour nous importons encore du lait mais aussi du lait en poudre, la mise en place de petites exploitations de 40 vaches favoriserait l’utilisation de l’atomiseur, appareil à déshydrater le lait créé par des étudiants de l’ISPM (Institut Supérieur Polytechnique de Madagascar). Ce serait déjà un très bon moyen pour intégrer la filière lait dans l’économie nationale. Il en résultera une augmentation de la valeur ajoutée de ce produit.

La recherche de la Performance dans les différents secteurs de l’économie de ce pays serait un moyen pour booster la production, la transformation en les adaptant au milieu mais aussi aux besoins des consommateurs. Cela ne constituerait–il pas un point de départ vers un développement intégré et durable ?…

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Myriam Schaffner

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Bibliographie

1- la sélection en race salers
2- zootechnie Corine Bayourthe Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse
3- Sélection des bovins laitiers
4- www. elinfo.be
5- www.primholstein.com
6- Les méthodes de sélection
7- La langue de la zootechnie. Analyse morphologique et lexicographique. Françoise Olmo Cazevieille. Université polytechnique de Valence. Espagne.
8- Programme de classification des ovins. Guide des procédures. Sociéte des éleveurs de moutons de race pure du Québec. 2 0 10.
9- La chèvre : la revue des éleveurs de chèvres et du monde caprin.
10-Le cheval breton syndicat des éleveurs de chevaux bretons 2010
11-France génétique élevage Donner du sens à la mesure France conseil élevage- maison du lait- 42 rue de Châteaudun 75 009 Paris.
12-Le bulletin cap gènes. Organisme entreprise de sélection caprin multiracial. Agropole- 2 135, rue de Chauvigny. 86 550 Mignaloux Beauvoir.
13-La race ovine île de France. UPRA île de France. 15, avenue Euphrasie Guynemer 02 400 Verdilly.
14-Centre d’ insémination ovine de Verdilly même adresse.
15-La France agricole du 24 février 2 012. 8, cité du paradis 75 493 Paris cédex 10

 

 

 

 

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