mardi 24 janvier 2017

Comment ne pas se sentir choqué en voyant de jeunes enfants descendre dans les puits de pierres précieuses d’Ilakaka, d’autres passer la journée à casser des pierres dans les carrières, d’autres encore se lever aux aurores pour préparer le petit déjeuner de toutes une maisonnée au lieu de se rendre à l’école, de vivre leur vie d’enfant.

On parle d’exploitation d’enfants lorsque ces derniers participent à des « activités interférant avec leur scolarité, leur privant de leur dignité et nuisant à leur potentiel physique et psychologique »

 

Dans le monde, nous avons tous entendu parler du boycott des produits dont il a été découvert qu’ils étaient fabriqués dans des manufactures par des enfants. La découverte de ces enfants exploités a révolté les acheteurs occidentaux et les ont conduits à adopter cette réaction extrême de ne plus acheter les produits,… mais cette décision, bien que légitime et compréhensible a eu pour conséquence indirecte de priver ces enfants et donc leurs familles d’une source de revenus substantielle. Le problème n’avait pas été résolu, les parents n’allaient pas envoyer leurs enfants à l’école alors que les revenus avaient diminués. Pire, certains enfants étaient désormais affectés à des tâches encore plus ingrates et dangereuses, les filles à la prostitution, les garçons à la casse de pierres par exemple. Depuis, les principales ONG œuvrant pour les droits des enfants, après des études du terrain plus ou moins approfondies, ont mis en place des solutions plus adaptées. A Calcutta, par exemple, des écoles de vacances ont été créées.

Mais ces enfants travaillant dans des manufactures ne représentent qu’une petite partie de l’ensemble des enfants travailleurs dans le monde. Le principal secteur où l’on retrouve des enfants qui travaillent est l’agriculture, souvent dans le cadre familial. L’enfant est alors responsable de la garde du bétail, d’aider à la récolte ou à la semence, de chercher de l’eau et d’effectuer diverses tâches ménagères.

Le secteur informel fait également travailler un grand nombre d’enfants dans les milieux urbains. Les activités où l’on retrouve des enfants travailleurs sont la vente à petite échelle (comme par exemple la vente de boissons, bonbons, beignets, journaux…) et les services (lavage de voiture, ramassage d’ordures)

Enfin, il ne faut pas oublier la catégorie révoltante des enfants soldats dans certains pays d’Afrique et du Moyen Orient.

 

Les facteurs conduisant un enfant à travailler sont nombreux et peuvent même s’accumuler. La pauvreté, l’analphabétisme, un système scolaire ne garantissant pas d’emploi futur peuvent pousser des parents à penser que faire travailler leur enfant dès son jeune âge est « normal », puisqu’il n’y a pas d’alternative qui pourrait justifier qu’il ne participe pas aux revenus familiaux. Le décès ou l’absence permanente du père, une famille nombreuse ou les conditions de vie difficile enlève toute possibilité pour l’enfant d’aller à l’école. Enfin, les enfants abandonnés ou errants, propulsés dans le monde adulte, sont contraints d’agir comme tels en subvenant eux-mêmes à leur besoins.

 

A Madagascar, la tendance est la même que dans le monde. L’économie du pays étant basée sur l’agriculture, et comme les exploitations sont surtout familiales, la contribution de l’enfant est jugée « naturelle ». Cela se traduit par exemple par de forts taux d’absentéismes à la saison des récoltes. De même, dans les grandes villes, beaucoup d’enfants ayant des conditions de vie précaires (pauvreté, analphabétisme, famille nombreuse) travaillent dans le secteur informel, cela inclut les enfants employés comme domestiques et les mendiants.

Par contre, les études effectuées ont démontrés qu’aucun enfant n’est exploité dans des manufactures ou des usines multinationales.

 

Ainsi, pour le cas des pays en développement en général et celui de Madagascar en particulier, le phénomène du travail des enfants est en grande partie dû à l’état de pauvreté du pays. Le point –relativement- positif est que le pays semble épargné par les formes les plus inadmissibles du travail infantile (esclavage, exploitation industrielle dans des conditions dangereuses, pornographie). Malheureusement, ces nombreux enfants travailleurs voient leur avenir compromis, puisque leur tâches sont généralement peu qualifiés et peu qualifiants et qu’ils ne sont pas scolarisés, cela devient donc un cercle vicieux pour eux même, pour leur famille et la société car la situation de pauvreté est entretenue d’une génération à l’autre.

La date du 12 juin, journée mondiale de la lutte pour le travail des enfants ne semble pas pour le moment éveiller les consciences. Hors, même des mesures « indirectes » peuvent avoir une influence positive importante sur l’éradication du travail des enfants. Une étude de Roubaud en 1995 à par exemple suggéré qu’une augmentation de 5% des revenus du travail des adultes au sein des ménages serait suffisante pour supprimer le travail infantile. Et comme il a été dit plus tôt que le facteur le plus influant dans le travail des enfants était la pauvreté, les politiques et stratégies de lutte contre la pauvreté doivent constituer le point de départ pour l’abolition du travail des enfants. En 1989, la presque totalité des pays du monde ont ratifié la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, aujourd’hui malheureusement, les préoccupations et priorités actuelles des pays du monde sont de faire face à la crise mondiale (cela peu passer par le fait de « fermer les yeux » face aux multinationales qui emploient une main-d’œuvre infantile et donc très bon marché).

 

Sources : wikipédia, www.droitsenfant.com, projet MADIO, BIT Océan Indien « lutte contre l’exploitation des enfants à Madagascar »,

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Miora

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