mardi 24 janvier 2017

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Le slam, ce nouvel art oratoire qui se distingue de la poésie par l’inexistence de formes et de règles poétiques particulières, commence à connaître un franc succès auprès des jeunes en ces débuts du XXIème siècle. Derrière cette innovation dans l’histoire de la littérature : un certain Marc Smith, poète, sociologue et animateur de soirées à Chicago à la fois. Le mot « slam » signifie « claquer » puisque selon son initiateur et je cite «  la poésie claque et doit devenir un spectacle et non un cercle de poètes endormis » Le mouvement s’est alors étendu dans le monde et Madagascar n’a pas été épargné. Le Madagaslam a ainsi vu le jour il y a de cela quelques années. A cet effet, slameurs et slameuses se donnent rendez-vous tous les premiers samedis du mois à l’IFM (Institut Français de Madagascar). Pourquoi un tel engouement pour le slam et qu’est qu’il représente à leurs yeux ?

Slamer c’est avant tout s’exprimer. Tout le monde a quelque chose à dire : un sentiment qu’il a soudain ressenti en attendant le bus, sa passion pour le foot, son opinion sur le changement climatique,… Toutefois, ce n’est pas tout le monde qui a l’opportunité de dire tout haut ce qu’il pense et surtout les jeunes dont les avis sont très peu considérés par les grandes personnes. Du coup, ils ont pris l’habitude de se taire et de garder leurs réflexions et sentiments pour eux. Qui dit slam, dit souvent jeunes. Effectivement, à travers le slam, ils font état de leurs pensées les plus secrètes, de leurs désirs et craintes. Mieux encore, slamer c’est déclamer, c’est donner vie à son texte. Passion, rage, colère, joie, tristesse, angoisse se lisent sur les visages de ceux qui se succèdent devant le micro. On passe de l’air hagarde au regard amoureux, du petit sourire au coin des lèvres à la voix tremblante de peur…

Par ailleurs, slamer c’est aussi oser. Force est de constater à quel point il est stressant de prendre la parole en public. Ceux qui en sont à leur « première scène » (comme ils le disent) ont dû s’armer de beaucoup de courage pour oser affronter le public et tous les yeux rivés sur eux. A vrai dire, c’est toujours le premier pas qui est le plus difficile car la suite n’est qu’une question d’habitude et d’assurance. Slamer c’est alors dominer son trac et apprendre à s’affirmer mais surtout c’est faire partie d’un cercle d’amis. La scène ouverte organisée mensuellement par l’IFM réunit plus d’une cinquantaine d’adolescents. Des jeunes qui ne se connaissent pas mais qui se nouent des liens d’amitié du fait qu’ils partagent la même passion, le même soif d’expression. Blagues, chants et même danses se retrouvent au programme pour un vrai moment de détente, de défoulement et de relâchement.

Bref, slamer n’est pas seulement un art car il s’agit beaucoup plus d’une attitude, d’une philosophie. Slamer c’est savoir écouter et être entendu, c’est sortir de son cocon et se sentir mieux dans sa peau, c’est parler sans complexe et sans peur d’être jugé. Slamer c’est coucher ses inspirations sur du papier et les partager au grand public, c’est répondre à ce que les adeptes appellent  «  l’appel des rimes ». Slamer, c’est tout simplement se libérer.

Hasina D.

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