mardi 24 janvier 2017

LUTTE CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS

Posted by admin On juin - 18 - 2012 ADD COMMENTS

Comment ne pas se sentir choqué en voyant de jeunes enfants descendre dans les puits de pierres précieuses d’Ilakaka, d’autres passer la journée à casser des pierres dans les carrières, d’autres encore se lever aux aurores pour préparer le petit déjeuner de toutes une maisonnée au lieu de se rendre à l’école, de vivre leur vie d’enfant.

On parle d’exploitation d’enfants lorsque ces derniers participent à des « activités interférant avec leur scolarité, leur privant de leur dignité et nuisant à leur potentiel physique et psychologique »

 

Dans le monde, nous avons tous entendu parler du boycott des produits dont il a été découvert qu’ils étaient fabriqués dans des manufactures par des enfants. La découverte de ces enfants exploités a révolté les acheteurs occidentaux et les ont conduits à adopter cette réaction extrême de ne plus acheter les produits,… mais cette décision, bien que légitime et compréhensible a eu pour conséquence indirecte de priver ces enfants et donc leurs familles d’une source de revenus substantielle. Le problème n’avait pas été résolu, les parents n’allaient pas envoyer leurs enfants à l’école alors que les revenus avaient diminués. Pire, certains enfants étaient désormais affectés à des tâches encore plus ingrates et dangereuses, les filles à la prostitution, les garçons à la casse de pierres par exemple. Depuis, les principales ONG œuvrant pour les droits des enfants, après des études du terrain plus ou moins approfondies, ont mis en place des solutions plus adaptées. A Calcutta, par exemple, des écoles de vacances ont été créées.

Mais ces enfants travaillant dans des manufactures ne représentent qu’une petite partie de l’ensemble des enfants travailleurs dans le monde. Le principal secteur où l’on retrouve des enfants qui travaillent est l’agriculture, souvent dans le cadre familial. L’enfant est alors responsable de la garde du bétail, d’aider à la récolte ou à la semence, de chercher de l’eau et d’effectuer diverses tâches ménagères.

Le secteur informel fait également travailler un grand nombre d’enfants dans les milieux urbains. Les activités où l’on retrouve des enfants travailleurs sont la vente à petite échelle (comme par exemple la vente de boissons, bonbons, beignets, journaux…) et les services (lavage de voiture, ramassage d’ordures)

Enfin, il ne faut pas oublier la catégorie révoltante des enfants soldats dans certains pays d’Afrique et du Moyen Orient.

 

Les facteurs conduisant un enfant à travailler sont nombreux et peuvent même s’accumuler. La pauvreté, l’analphabétisme, un système scolaire ne garantissant pas d’emploi futur peuvent pousser des parents à penser que faire travailler leur enfant dès son jeune âge est « normal », puisqu’il n’y a pas d’alternative qui pourrait justifier qu’il ne participe pas aux revenus familiaux. Le décès ou l’absence permanente du père, une famille nombreuse ou les conditions de vie difficile enlève toute possibilité pour l’enfant d’aller à l’école. Enfin, les enfants abandonnés ou errants, propulsés dans le monde adulte, sont contraints d’agir comme tels en subvenant eux-mêmes à leur besoins.

 

A Madagascar, la tendance est la même que dans le monde. L’économie du pays étant basée sur l’agriculture, et comme les exploitations sont surtout familiales, la contribution de l’enfant est jugée « naturelle ». Cela se traduit par exemple par de forts taux d’absentéismes à la saison des récoltes. De même, dans les grandes villes, beaucoup d’enfants ayant des conditions de vie précaires (pauvreté, analphabétisme, famille nombreuse) travaillent dans le secteur informel, cela inclut les enfants employés comme domestiques et les mendiants.

Par contre, les études effectuées ont démontrés qu’aucun enfant n’est exploité dans des manufactures ou des usines multinationales.

 

Ainsi, pour le cas des pays en développement en général et celui de Madagascar en particulier, le phénomène du travail des enfants est en grande partie dû à l’état de pauvreté du pays. Le point –relativement- positif est que le pays semble épargné par les formes les plus inadmissibles du travail infantile (esclavage, exploitation industrielle dans des conditions dangereuses, pornographie). Malheureusement, ces nombreux enfants travailleurs voient leur avenir compromis, puisque leur tâches sont généralement peu qualifiés et peu qualifiants et qu’ils ne sont pas scolarisés, cela devient donc un cercle vicieux pour eux même, pour leur famille et la société car la situation de pauvreté est entretenue d’une génération à l’autre.

La date du 12 juin, journée mondiale de la lutte pour le travail des enfants ne semble pas pour le moment éveiller les consciences. Hors, même des mesures « indirectes » peuvent avoir une influence positive importante sur l’éradication du travail des enfants. Une étude de Roubaud en 1995 à par exemple suggéré qu’une augmentation de 5% des revenus du travail des adultes au sein des ménages serait suffisante pour supprimer le travail infantile. Et comme il a été dit plus tôt que le facteur le plus influant dans le travail des enfants était la pauvreté, les politiques et stratégies de lutte contre la pauvreté doivent constituer le point de départ pour l’abolition du travail des enfants. En 1989, la presque totalité des pays du monde ont ratifié la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, aujourd’hui malheureusement, les préoccupations et priorités actuelles des pays du monde sont de faire face à la crise mondiale (cela peu passer par le fait de « fermer les yeux » face aux multinationales qui emploient une main-d’œuvre infantile et donc très bon marché).

 

Sources : wikipédia, www.droitsenfant.com, projet MADIO, BIT Océan Indien « lutte contre l’exploitation des enfants à Madagascar »,

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Miora

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Les jeunes et le Travail !…

Posted by admin On août - 27 - 2011 1 COMMENT

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En se référant au monde où nous vivons actuellement, les jeunes sont de plus en plus présents sur le marché du travail. Ce phénomène est dû à plusieurs facteurs aussi pertinents les uns par rapport aux autres.

D’abord, il y a le fait de gagner soi-même son argent. Effectivement, cela fait naître un sentiment de fierté mais surtout d’indépendance face aux parents ou aux tuteurs. Pouvoir s’acheter ce dont on a besoin ou pouvoir offrir aux proches ce qui leur ferait plaisir : voilà ce qui pourrait motiver et amener un jeune à travailler.

Mais encore, travailler fournit une opportunité pour avoir des expériences et acquérir des connaissances voire des compétences. Les expériences dans un domaine bien spécifique semblent déterminantes pour un jeune qui veut faire carrière car malheureusement, les débutants n’ont que peu de chance lors de l’embauche en entreprise.

D’un autre côté, pour des raisons purement économiques, certains sont obligés de laisser tomber les études et d’entrer dans le monde du travail. Et la crise que nous sommes en train de vivre ne fait qu’augmenter le nombre de jeunes dont les parents ne peuvent plus subvenir aux besoins de la famille. Et pour alléger voire pour se partager les charges, les plus grands des enfants se sacrifient et doivent se contenter de petits métiers pour permettre aux cadets des enfants de continuer l’école.

Si certains jeunes décident de travailler de leur propre gré pour gagner de l’argent ou pour acquérir de l’expérience; malheureusement, d’autres y sont obligés par pure nécessité. L’inconvénient du travail précoce c’est d’un côté de ne pouvoir choisir un métier que l’on aime mais aussi de devoir passer à côté de sa jeunesse…

Et terminons cet article par un extrait d’une chanson de Charles Aznavour :

« Il faut boire jusqu’à l’ivresse, sa jeunesse. Car tous les instants de nos vingt ans nous sont comptés. Er jamais plus le temps perdu ne nous fait face!… »

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Nadège & Psymada

 

 

STRESS & LEADERSHIP

Posted by admin On mai - 2 - 2011 ADD COMMENTS

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Si on dit souvent que le Bien Être, c’est « l’harmonie entre l’esprit et le corps », le Bien être dans le milieu du travail est la résultante d’un « équilibre dynamique » entre « Soi, le Travail et les Autres ». D’autre part, ces trois facteurs sont liés respectivement par trois éléments fondamentaux : « la Capacité, la Qualité, le Relationnel ». Ainsi, la défaillance éventuelle de l’un des composants de la triade risque toujours de faire vaciller les deux autres et favoriser la déstabilisation de l’ensemble.

Pratiquement, cet équilibre dynamique est d’autant plus important dans le cadre des binômes « Soi – Travail » et « Soi – les Autres », équilibre qui se maintien grâce à une « Tension » entre chacune des entités. Et c’est en fonction du degré de Tension chez un individu donné que s’installe ce qu’on appelle le « Stress ». Par définition, le Stress étant l’ensemble des réactions aussi bien psychologiques que physiques développées par notre organisme face à des évènements ou circonstances touchant notre intégrité.

Et si d’habitude on cite le mot stress dans son sens péjoratif (cf : notre exposé débat sur l’impact du contexte actuel sur le travailleur et le milieu du travail), il faut expliquer que le Stress c’est avant tout ce mal nécessaire qui nous pousse, qui nous motive dans ce que nous entreprenons. Le Stress qui est l’équivalent du « Trac » pour l’Artiste est cette sensation qui nous anime et qui nous donne cette envie d’avancer, d’entreprendre et d’acquérir de nouvelles choses dans le milieu ou nous évoluons. Il est clair que ce « Stress Positif » est d’autant plus nécessaire quand on travaille en équipe. En effet, grâce à cette sensation, nous allons pouvoir nous mettre au rythme d’un groupe, prouver à notre supérieur qu’on est à la hauteur de ses attentes ou montrer à nos collègues qu’on a quelque chose dans le ventre et qu’on n’est pas là par hasard !…

A ce stade, il faut donc spécifier la différence de fonctionnement entre celui qui travaille en groupe d’une part et celui qui travaille seul d’autre part; c’est-à-dire pour son propre compte. Effectivement, ce dernier se règle par rapport à lui-même donc s’impose lui-même son propre rythme. Ainsi, sa motivation sera fonction de l’importance ou non, de sa prise de « Responsabilité ».

Au sein d’une équipe, d’un service voire dans une entreprise, ce sont les supérieurs qui volontairement ou involontairement (car souvent sans qu’ils s’en rendent compte) instaurent voire imposent le niveau de stress. Et c’est par ce biais que le responsable donne le « Rythme » ou même la « Cadence » de travail à l’ensemble de ses collègues.

Pratiquement, ce rythme de travail va dépendre de plusieurs facteurs, tels la « culture », l’éducation du chef d’équipe ou du Chef d’entreprise (ex : malagasy, français, britannique, scandinave,…) mais aussi de sa formation et même de son tempérament. En somme, le bon Chef c’est celui qui va savoir adapter le degré de stress exercé sur un groupe dans le but de susciter le maximum de motivation et d’en obtenir le maximum de rendement. Et mieux, un bon leader est capable de cibler le ou les membres du groupe sur lesquels il faut exercer une « Pression » pour qu’ils servent de moteur à toute l’équipe. Mais pour qu’un tel système soit efficace, il se doit de connaître son personnel, du moins les principaux acteurs et même jusqu’à leur personnalité. Et sachons que le maintien d’une pression trop importante autant en durée qu’en intensité finira toujours par annihiler le dynamisme du groupe.

Parmi les facteurs jouant un rôle fondamental sur la permissivité de l’individu par rapport au Stress, signalons tout particulièrement le rôle de l’Estime de Soi. Donnons deux exemples pratiques pour mieux illustrer

  • Cas n°1 : Ceci concerne généralement l’individu éduqué dans la stricte obéissance, celui à qui on n’a jamais appris à prendre des responsabilités, celui dont l’adolescence s’est passée juste entre l’école et la maison, sans parler des contrôles intempestifs ou des nombreuses suspicions dont il aurait pu également subir. Il est évident que cette personne, par rapport aux autres, une fois arrivée dans le milieu du travail aura nettement moins de confiance en elle. Elle aura plus de difficultés d’adaptation par rapport aux exigences du travail et vis-à-vis des collègues. Et même parfois, elle finit par s’isoler et les moments passés au travail deviendront de plus en plus dur, sous le régime du mal être et pouvant aller jusqu’à la culpabilisation.
  • Cas n°2 : C’est le cas du jeune qui a évolué dans un milieu plus ouvert et qui a pu prendre conscience de ses atouts et de ses limites; lui sûrement aura plus d’assurance. Et si en plus il a les capacités et une facilité de contact, l’adaptation au sein d’une équipe se fera très facilement. Mieux, ce sera un élément clé du groupe. Bien sensibilisé et considéré à sa juste valeur, un travailleur de cette envergure deviendra logiquement un moteur de l’entreprise voire « la femme ou l’homme de tous les défis !… »

En conclusion : Le « Potentiel Humain » a toujours occupé une place fondamentale dans le bon fonctionnement d’une entreprise. En se référant aux deux cas précités, l’évaluation du personnel peut nous donner une idée de sa capacité à se mobiliser par rapport au travail. Manager un groupe avec une majorité de travailleurs dans le cas n°1 va par exemple demander nettement plus d’énergie et de patience de la part du ou des Responsables. Alors que gérer un groupe avec plus d’employés similaire au cas n°2 va nécessiter plus de perspicacité et de subtilité. Et dans les deux cas, l’avenir du groupe va dépendre essentiellement de la qualité de son Leader. Ce qui va exiger de ce dernier d’être en même temps un dirigeant qu’un bon communicateur !… c’est tel le publiciste ou le journaliste qui agit sur l’émotion ou le stress de son public cible. C’est comme l’avocat qui agit sur la corde sensible d’un témoin ou d’un accusé pour obtenir de lui, des aveux. Bref, diriger, c’est « manipuler » mais au second degré car il ne s’agit point d’être machiavélique. A tout instant le Bon Manager doit tenir compte de l’intérêt de ses dirigés.

Le problème va même au-delà de nos entreprises car en terme de « Leadership », les besoins sont évidents dans quels que soient les domaines et l’ouverture des frontières tend de plus en plus à l’uniformisation des normes depuis l’enseignement, les diverses formations, les productions agricoles, industrielles, etc. La concurrence est de plus en plus rude et il est fondamental pour n’importe quelle entreprise comme pour n’importe quel pays que les employés mais aussi les citoyens soient autant motivés que pleinement engagés…

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Dr Raharison

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A) CHOIX DU THEME ?

Le Blog Psy-Jeunes.ados, carrefour d’idées et de partage d’une part et le Centre de Diagnostic Neuro Psycho, lieu d’Ecoute et de Conseil mais aussi Centre de Consultation et de Psychothérapie, font partis des entités les mieux placées pour recueillir les souffrances des individus et aussi des travailleurs. C’est particulièrement depuis la crise qui secoue ce pays qu’il n’y a pas un seul jour ou nous ne recevons pas les plaintes d’un père, d’une mère ou d’un jeune exprimant sa douleur, son désarroi, son incapacité à gérer le quotidien. Non seulement le quotidien en tant qu’individu mais aussi celui d’une famille ou de dizaines de foyers qui parfois dépendent de l’une ou l’autre de ses personnes !…

Voilà donc les raisons de cette intervention de Psymada par l’intermédiaire du Dr Raharison lors d’un « Samedi des D.R.H », moment d’échange et de partage entre les Responsables des Ressources Humaines des Entreprises de Tana. Et le choix du thème vient directement du contexte que vit le pays avec les souffrances qui en découlent et dont les symptômes autant que son étiopathogénie (étude du mécanisme responsable du déclenchement et du développement) méritent d’être développés voire explorés.

1) – LE CONTEXTE

– La Crise économique mondiale

– La Mondialisation avec l’ouverture des Frontières

– La Crise politico-économique malgache qui dure depuis 2 ans

– La précarité de l’emploi voire la fermeture de nombreuses entreprises et l’augmentation du chômage

Mais aussi d’autres facteurs qui conditionnent le quotidien des travailleurs et ne cessent de perturber leur sérénité et même menacer leur santé.

 

2)- CAS CLINIQUES

Le Dr Raharison rapporte le vécu de quatre employés en souffrance dans leur profession.

– Une jeune fille victime de harcèlement de la part de son supérieur hiérarchique. Ce dernier faisant comprendre à celle-ci que c’est lui qui détient la clef de sa réussite comme de sa perte s’agissant de sa carrière professionnelle.

– Un jeune homme victime de sa propre réussite et de sa passion pour son travail et qui depuis se fait exploiter à fond par son employeur. Au bout du rouleau, il se sent abandonné et redoute même de se faire « éjecter ».

– Une jeune femme, pilier d’une famille de trois enfants, propulsée au poste de DRH mais peu soutenue par sa direction; en même temps débordée par les problèmes de ses soixante dix employés voire harcelée par ceux-ci.

– Enfin un Chef d’entreprise qui a abandonné une vie prospère pour se lancer dans une entreprise actuellement en perdition. Complètement désarmé et découragé, il se sent autant coupable par rapport à sa famille qu’il a entraîné dans une aventure périlleuse que vis à vis du désespoir de ses 150 employés.

 

3)- EXPLICATIONS : LE STRESS

Ces quatre personnes, comme 20 à 40 % des travailleurs de par le monde entier sont en fait victime du Stress. Le STRESS est en fait la réponse inévitable de l’organisme qui se mobilise pour combattre et par la suite s’adapter face à un évènement extérieur qui le perturbe. Mais selon ces chiffres, une proportion non négligeable de gens et qui d’ailleurs ne cesse d’augmenter ne supporte pas tous ces changements liés aux circonstances de vie.

Si la chasse et la cueillette ont obligé les ancêtres de l’homme à être de grands nomades, tout cela leur a permis de s’adapter aux conditions imposées par les divers milieux (les intempéries, les prédateurs et même juste l’Inconnu et les Changements). Ils ont aussi appris à lutter et même à résister pour survivre et évoluer. Quelques milliers d’années plus tard, leurs descendants ont choisi la sédentarité puis de siècles en siècles, est venu la stabilité, le confort et la modernité. Autant de facteurs qui ont amélioré notre santé mais qui par contre nous ont rendu plus fragile et surtout du point de vu mental et particulièrement dans le domaine psychologique. Et c’est ainsi qu’est apparu le stress qui a sévit d’abord les pays occidentaux mais gagne actuellement et de plus en plus les pays en développement.

Chez l’individu, le Stress peut donc être à l’origine de symptômes plus ou moins supportables auxquels on s’adapte ou qui peuvent au contraire nous déstabiliser jusqu’à provoquer chez nous l’une ou l’autre maladie. Mais en amont, de nombreux facteurs vont participer soit insidieusement soit brutalement à l’installation du Stress. En tant que médecin et Psychothérapeute mais aussi voué à l’éducation, il est de notre devoir d’informer les responsables du personnel pour que des mesures puissent être prises afin de prévenir ce mal qui ronge autant le travailleur que les entreprises et jusqu’à l’économie de la nation. Et durant cet exposé, nous allons commencer par considérer les différents facteurs qui interviennent sur la survenue du Stress. Nous continuerons par la présentation des différents symptômes avant d’arriver à l’habituelle conclusion.

B ) LES DIFFERENTS FACTEURS FAVORISANTS L’INSTALLATION D’UN STRESS.

1 ) FACTEURS LIES A L’EMPLOYE

a) – Antécédents personnels notamment psychologiques, sanitaires mais aussi professionnels

  • Hérédité
  • Problème de santé essentiellement maladies chroniques et surtout en cas d’absence de prise en charge adéquate. Certaines maladies plus que d’autres : Affections allergiques (Asthme, psoriasis,…), Epilepsie, Diabète, HTA,…
  • Troubles psychologiques pré existantes, allant de l’instabilité de l’humeur à la Dépression Nerveuse et surtout si associées à une addiction plus ou moins sévère (Alcool, Drogue)
  • Problèmes professionnels antérieurs

b) – Réalités familiales

  • Existentielles : alimentaire, matérielle , financière (depuis les problèmes de gestion jusqu’aux divers crédits ),…
  • Relationnelles : depuis les problèmes des parents (surtout pour les célibataires) jusqu’à l’équilibre dans le couple et les problème liés aux enfants.

c) – Réalités de la Profession

  • Par rapport au travailleur lui même:

+ Manque d’Expérience, de Capacité, de Connaissance, d’organisation

+ Pas de prise de responsabilité, d’initiative, de motivation,…

  • Par rapport au poste occupé

+ Travail peu valorisant, monotone, inadapté ou incompatible, rôle mal défini,…

+ Surcharge de travail, insuffisance d’employés,

+ Défaillance de l’encadrement, manque de formation interne

+ Peu ou pas de perspective de promotion,

+ Problème(s) de Rémunération

+ Problème au niveau de l’hygiène et de la sécurité du poste

+ Problème de corruption et harcèlements divers

  • Problème relationnel avec un ou des collègues

2) FACTEURS LIES A L’ENCADREUR OU AUX SUPERIEURS

a) Problèmes liés à la personnalité du Chef hiérarchique

Manque de motivation, d’initiative, de prise de Responsabilité,…

b) Facteurs Relationnels ou Problèmes de communication

  • Indifférence, malveillance, harcèlement,
  • Absence d’équitabilité allant de la partialité jusqu’à l’Injustice

c) Critères Professionnels

  • Incompétence. Manque de Capacité, de Connaissance, d’organisation du travail

 

3) FACTEURS LIES A L’ENTREPRISE ET AUX DIFFERENTS CONTEXTES TRAVERSES PAR LE MONDE DU TRAVAIL

a) Difficultés dans le cadre du fonctionnement de l’Entreprise

  • Personnel non intégré : Absence de Politique visant à stimuler l’Appartenance à une Entreprise. Peu ou Pas de notion de « Culture de l’Entreprise » (Motivation, Engagement, Créativité, Productivité, Compétitivité,…)
  • Manque d’Information, Communication voire de formation au sein de l’entreprise

Ex : le travailleur est le dernier à savoir sur un Changement d’Orientation ou sur une Restructuration interne

  • Problèmes de matériels ou d’équipement
  • Manque de collaboration interservices

b) Problèmes liés aux différents contextes traversés par l’Entreprise

Dépôt de Bilan, Rachat, Changement de dénomination,…

c) Contexte national notamment politique, social, économique, Intempéries,…

d) Réalités Internationales dont la mondialisation, la Crise mondiale,…

 

4) FACTEURS PARTICULIERS (non négligeable)

a) Educationnels, Historiques, Culturels (coutumes, traditions),…

  • Ex : le cas de la femme

+ Difficulté de conciliation entre profession et rôle au foyer (pas d’aide matérielle ni logistique ménagère adaptée)

+ Maltraitance voire violence domestique
+ Persistance d’un Complexe d’infériorité à la maison et/ou au travail (non négligeable)
+ Discrimination dans le domaine des responsabilités, des salaires,…
+ Victime de jalousie, de Harcèlement au travail,…

C) MANIFESTATIONS CLINIQUES DU STRESS

Les symptômes sont divisés en trois parties dont la phase d’Alerte, d’Adaptation et de Décompensation
Voyons d’abord la traduction du stress dans la réalité.

1) – DECOMPOSITION DU STRESS

2) – PHASE D’ALERTE

– Réaction de surprise, d’incompréhension !…

– Sensation de mal être, d’inquiétude,

– Anxiété, crainte, diminution de l’envie , évitement,…

– Palpitation, fourmillements, contraction des muscles (gorge serré),

– Essoufflement (hyperventilation), augmentation de la vigilance (tendu, méfiant)

 

3) – PHASE D’ADAPTATION

a./ Manifestation à la maison (Notion de Victimisation)

  • Fatigue physique et psychique, devient Irritable voire colérique et même agressif. Désintérêt de la vie du foyer, isolement ou au contraire rentrée tardive, sortie inexpliquée, intoxication à l’alcool, drogue, insomnie, cauchemar,…etc

b./ Impact au travail (Obligation , Manque d’alternative)

 

  • Réaction variable allant de la Frustration à la Culpabilité !…

Jusqu’à un certain moment, tentative de ressaisissement, l’intéressé essaie de se re-convaincre lui-même

  • Mais tout doucement, Baisse de l’intérêt et de la concentration, démotivation, baisse de vigilance, majoration du mal être, angoisse, hyperémotivité, comportement asocial et contreproductif,…

4) – PHASE DE DECOMPRESSION

– Maladie plus ou moins grave

Maux de tête inexpliqués; troubles de la digestion, douleur de l’ estomac, ulcère, problèmes musculaires et des articulations, lombalgie, HTA, problèmes cardiaques ; majoration des allergies (urticaire, asthme,…), déficit humanitaire (infection virale à répétition ou sévissant de manière chronique), divers troubles du comportement, baisse de la libido, irrégularité des règles chez la femme, voire Dépression nerveuse pouvant aller jusqu’au suicide.

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D) CONCLUSION

  • Le stress peut être un handicap majeur pour celui dont le vécu a été marqué par un mauvais souvenir en rapport avec un quelconque agent stressant. Le stress peut être, chez un individu une manifestation beaucoup plus subtile ou plus complexe d’un trouble relationnel, d’une incapacité quelconque, d’un manque d’assurance voire d’un problème de l’Estime de soi.
  • L’évolution de la société ne nous permet plus de réagir systématiquement contre un agent stressant surtout quand ce stressor est une personne et à fortiori un supérieur hiérarchique. Ce genre de situation va générer une importante frustration et majorer davantage le stress. Si en plus le matériel de travail est en mauvais état et que le salaire est limite insuffisant, il n’est pas étonnant que cet employé craque après quelques semaines de travail.
  • Enfin, il ne faut pas négliger l’impact du stress d’un individu sur son propre entourage. Ce n’est pas parce que celui-ci est contagieux mais qu’à la longue il peut sévir toute une famille, tout une entreprise, toute une communauté voire tout une agglomération.
  • Par contre, sachons qu’à l’origine, Le Stress est un mécanisme de défense naturel qui a pour rôle de nous protéger et de maintenir notre bon équilibre. C’est donc un processus avant tout positif. Et c’est un véritable non sens que de vouloir s’en débarrasser. C’est également une forme d’Anticipation offerte à tout individu qui sait la maîtriser et pouvant faire de lui un élément incontournable dans un groupe, une équipe et même dans une entreprise. Et c’est donc l’objet d’un autre article à voir dans votre BLOG intitulé  » STRESS & LEADERSHIP « .

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P.S: Psymada tient particulièrement à remercier tous les Membres du  » Club des DRH  » par le biais de son Président Monsieur Francis RAJAOBELINA pour cette invitation qu’ils ont adressé à Psymada et au Dr RAHARISON en particulier et qui nous a permis de réaliser cette séance d’Echanges et de Partage. Un moment combien important pour l’Equilibre physiologique et psychologique de nos travailleurs. Nous souhaitons  » Longue Vie au Club des DRH !… »

 

Dr Raharison

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A la recherche de ce « TRAVAIL » perdu !…

Posted by admin On avril - 10 - 2011 ADD COMMENTS

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Sachons d’abord qu’étymologiquement, le mot travail vient du latin «  tripaliare  » et signifie  » Torture  » ou  » Tourments « . Ce même mot est aussi l’équivalent de  » Labeur « , acte qui rappelle le rôle des  » Esclaves  » ou du moins des  » Servants « . Et d’ailleurs toute femme ayant des enfants savent que le travail c’est ce moment de  » Douleur  » et de  » Soumission » qui précède l’Accouchement.

Donc si au départ le travail et la souffrance avait une signification équivalente, c’est au fur et à mesure de l’évolution de la science et de la société que ce mot a retrouvé progressivement un sens moins péjoratif. Par exemple, le terme « Ouvrage  » a traduit autant la corvée, la besogne (femme d’ouvrage) que l’œuvre c’est-à-dire la réalisation voire l’exploit du travailleur.

Il y a à peine quelques années, pour la majorité, le travail était même devenu « l’Objectif  » et travailler était une « Chance  » voire un  » Privilège « . Malheureusement, avec l’apparition des différentes crises économiques mondiales successives, avec les grandes difficultés politiques en matière sociale et en gestion de l’emploi, pour certains le  » Travail  » ne fait plus partie de leur « Système de Valeurs ». Pensez à ce père ou cette mère de famille qui se fait licencier du jour au lendemain après quelques dizaines d’années d’ancienneté. Rappelez-vous ces usines qui ferment laissant sans ressources des centaines de foyers ou toute une ville voire toute une région. Si l’esclavage tuait l’homme physiquement et probablement plus rapidement; au 21è siècle, le travail peut l’user moralement, le brûler à petit feu et même le pousser à se sacrifier, à se suicider. Récemment une personne s’est même immolée par le feu pour son travail ou à cause de son travail !…

En somme, le dicton « le travail nourrit son homme » ne semble plus faire référence !… Dans quelques pays, certains se demandent même pourquoi travailler si le chômage peut faire gagner plus et avec moins d’effort ? Dorénavant, « le Culte de l’Argent prime sur celui du Travail ! ». Si enfant nous avons tous aspiré au métier de nos rêves, adulte nous ne rêvons plus que d’argent et même sans avoir de métier !… Et dites-vous qu’un de mes patients explique sa démotivation au travail du fait que la vie est loin d’être équitable. Il éprouve de plus en plus de dégoût en voyant d’une part, dans la rue certaines grosses voitures et limousines conduites par des personnes qui sûrement dit-il, ont moins travaillé que lui. D’autre part il accuse les médias qui nous montrent de plus en plus de gens qui du jour au lendemain, sans le moindre effort et au nom de dame la chance, se retrouvent dans un fauteuil doré !…

S’agissant des jeunes de ce pays, combien d’entre eux ne choisissent plus leur travail que pour le salaire qu’ils espèrent en gagner!… Ainsi, deux cas extrêmes ont fini par se distinguer : ceux qui sont arrivés à un certain niveau d’étude qui veulent tous être directeur ou chef de service et ceux qui n’en sont pas parvenus, préfèrent abandonner et se lancer dans ce qu’ils appellent le « business ». Le comble de cet état d’esprit c’est qu’il génère davantage l’instabilité au travail !… La motivation diminue, travailler devient une contrainte et la désillusion risque de s’installer assez rapidement.

Vous qui êtes employeur, Regardez autour de vous, un certain travail dans une certaine gamme de profession ne devient plus qu’un tremplin, un « Poste d’Attente » où celui qui va venir remplacer votre précédent employé, repartira aussi vite que lui !…

Faudrait-il attendre le jour où tout le monde gagnera de l’argent sans travailler pour que le travail retrouve à nouveau sa juste Valeur ?…

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Dr Raharison